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27 Jan 17

Oulipo et sonneries plein pot

par Guy Ciancia
Jacques et son instrumentarium

Jacques et son instrumentarium

Quand Jacques Leclercq monte en ch’min de fer
S’ prend les pinceaux dans la portière
Souffluncoup dans sa clarinette
Puis s’en va chasser la crevette
Dans son jardin fait des merveilles
Qui font roucouler les tourterelles
Les loisirs qu’ lui laissent son négoce
Le v’là qui coiff’ les arbres en brosse
Et mêm’ qui décor’ des briquettes

Les briquettes à Jacques

Pour 10 briquettes, t’as plus rien.

Des bonshommes en vrac en liquette
À poil ou à plume mais fondants
Des gendarmes et des bonn’s d’enfant

Ah oui ah oui vraiment
Jacquot Leclercq
A tous les talents

Le 3 février 2017 à partir de 19 h

Jazzique plein pot chez les irréguliers avec le duo pour voix et carillons de Jacques Leclercq et Robert Rapilly

Galerie SAGA, 265 rue Roger Salengro

Hellemmes-Lille

Expo de Robert Rapilly du 3 au 12 février.

2 Nov 16

‘Pataphysique de la Deûle

par Guy Ciancia

Avec apostrophe !

À Lille,  la pénombre complice de la guinguette du Ramponneau avait effacé la silhouette de Julien Torma. Tout juste l’imaginait-on encore près du pont du Petit Paradis, sur les quais de La Deûle. J’embarquai sur une de ces péniches franco-belges qui, d’écluse en écluse, alimentent les chassé-croisés de l’Histoire.

Monument aux morts de Deulemont
Après avoir plusieurs fois échoué, en aval sur des bancs de tourbe qui forment de petites îles, ma dérive s’arrêta sur l’une d’entre elles. Sous le bienveillant patronage de Faustroll, je me mis en devoir d’explorer la géographie mais aussi la mémoire de cette extrémité de terre. Et de cette Deûle – belge pour l’une de ces rives et française pour l’autre – sur laquelle Christophe Colomb avait en 1889 découvert Saint-Remy. L’émergence boueuse, pas plus grande qu’un potager de banlieue, battait pavillon français. Cependant, mis à part la voie fluviale, on y accédait ou on en partait exclusivement par la Belgique. À quelques encablures de Deûlémont, ce bout de France, exempt de tout « Robinson belge » aurait pu se prétendre apatride.

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26 Mar 16

Le Retour des nains de jardin

par Guy Ciancia

En cette année 2016,  à Roubaix, le 32 mars tombe le 2 avril.

– En 2006, je transformai L’Internationale (composée par Pierre Degeyter) en  Internationale des nains de jardin (paroles ici). À seules fins de rappeler que cet hymne révolutionnaire avait été chanté pour la première fois en 1888 à Lille. Et pour le plaisir des nanophiles roubaisiens, de plus en plus nombreux, au rassemblement picaresque du 32 mars. Le 11 mars, la chorale du Grand Bazar de Wazemmes m’avait accompagné lors de la répétition de cette nouvelle version.

– Le 32 mars 2007, nous avons chanté une Brabançonne des nains de jardin aux paroles relookées. Mais aussi, la même année, en compagnie des duettistes helvètes Plonck et Replonck, La Raurassienne des nains de jardin, adaptation libre de l’hymne de leur canton de La Chaux-de-Fond.
– En 2008, ce fut la Chanson du Décervelage des nains de jardin (paroles ici) que j’interprétai accompagné par Gérard Buisine, à Paris, devant un public de pataphysiciens. La mélodie est celle de La Valse des Pruneaux de Charles Pourny.
– En 2009, les nains de jardin désertaient sur l’air bien connu de Boris Vian. Avec l’accord de Madame Ursula Vian.
– En 2010, La marche des nains de jardin parodiait L’Hymne des Palotins, un autre classique du Collège de ‘Pataphysique. Mais Didier Lejeune vivait à Dieulefit. Pas de 32 mars à Roubaix jusqu’à…

– Cette année 2016 où ce sera un blues intitulé P’louses des Nains de jardin.

Une grande partie de ces hymnes sera interprétée à la librairie «  Autour des mots », place de la Gare, à la fin du défilé, vers 19 heures.

Je profiterai de mon passage dans cet endroit sympathique pour dédicacer mon livre  Lille en Mai, Chroniques anarchistes, éditions Passez Muscade, 2015.

5 Fév 16

Julien Torma et Philippe Merlen à Lille

par Guy Ciancia

En 2012 quelques pataphysiciens, oulipiens et citoyens avertis ont adressé une lettre à la commission de dénominations des rues de Lille. Ils souhaitaient qu’une voie, un square, une place ou un édifice public honorent la mémoire « d’un des plus grands pataphysiciens du siècle », Julien Torma. Il leur fut répondu qu’on y penserait. Presque quatre ans plus tard, le plan urbanistique de la MEL (métropole européenne de Lille) se déploie au-delà des boulevards périphériques. Entre le stade Pierre Mauroy, extramuros, et le centre historique de la ville, l’architecture nouvelle dessine déjà l’avancée de nouvelles zones résidentielles. Qui laissent courir des rues nouvelles bientôt dédiées à de grands hommes ignorés… Plus que jamais, il devenait nécessaire de rappeler aux Lillois « les gestes et opinions » de Torma qui s’arrêta plusieurs fois à Lille autour des années 1930. En particulier dans le quartier Saint-Sauveur. Le Régent de Nautique épigéenne, Bastiaan van der Velden, dans un article récent, s’y est fort opportunément employé1

Des bains de Lille au Bordelamer (ou inversement). Entre taylorisme et hygiénisme, la nécessité des bains corporels s’était généralement fait sentir depuis plus d’un demi-siècle. La ville de Lille comptait, dès 1920, une dizaine d’établissements de bains. C’est dire qu’il est difficile, a priori, de préciser le lieu de la rencontre en mars 1932 de Julien Torma et de Philippe Merlen2. Lequel était alors étudiant hypokhâgneux au lycée Faidherbe.

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9 Déc 15

Wazemmes sur des notes de Jean Corti

par Guy Ciancia

Jean Corti fut l’accordéoniste de Brel, Barbara, des Têtes raides… Mais aussi le contrebassiste de Brassens à ses débuts. Il est mort le 25 novembre dernier. Sa musique a résonné, à Lille, trois jours plus tard, dans les murs de La Barraca Zem. Plus familiers des percussions du forro que des rythmes musette : métissage de plaisirs ordinaires qui ne dissipent pas la nostalgie de rues privées de sens.

Il fut un temps, en effet, où ma rue vivait à l’écart des secousses sismiques. Depuis que Wazemmes est devenu l’épicentre lillois de la révolution/renaissance culturelle, il y devient difficile d’échapper aux différentes modes et lubies de ce début de siècle. Le cosmopolitisme virtuel s’affiche au prix de la monnaie courante. C’est donc sans état d’âme que je me suis installé rue d’Anvers, le 28 novembre 2015, à La Barraca Zem. Pour un concert initialement programmé le 14 mars.

"Laisse aller, c'est une valse"

J’avais prévu la projection d’une courte vidéo qui datait de 1989 et qui donnait à voir quelques rues de Wazemmes. Un Wazemmes insalubre, aux maisons murées, bicoques à ciel ouvert et barbouillées de graffitis non estampillés « street art ».

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