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2 Déc 17

Claude Daubercies au salon Arc-en-Ciel

par Guy Ciancia

 

L’Académie Septentrionale de Queneaulogie Fondamentale et Appliquée (ASQFA) recevra Claude Daubercies, le lundi 11 décembre, à Lille. Au salon de coiffure Arc-en-Ciel, 5 place Philippe Lebon, à 11 heures. Après la médiathèque « l’Odyssée » de Lomme, il viendra présenter les 2 BD adaptées de son roman « Crève matin ».

Cette traduction en phylactères démotiques s’intitule « 999 à l’aube de rien du tout », éditions Glénat. Selon Daubercies, c’est «  l’histoire de 3  enfants qui entreprennent la traversée de la connerie humaine. L’affaire est très risquée car, à l’époque déjà, la connerie humaine était très épaisse. On ne sort pas indemne d’une traversée comme celle-là. Bien sûr, c’est une fable, mais quand même… ».

Ce même jour, Daubercies nous fera découvrir aussi ses « Petites Icôneries Fabuleuses   », un missel richement illustré par Jean-Marie Byache, dont il lira quelques extraits. Des vies de saints « qui servent à quelque chose » aux « objets ayant appartenu à des célébrités », ce copieux opuscule peut avantageusement se savourer en société. Comme el tarte au chuque.

Claude Daubercies a soutenu en 1960, à Lille, le premier travail universitaire sur Raymond Queneau intitulé « Le jeu des mots chez Raymond Queneau ». Sa thèse a été consacrée à André Frédérique. Jean Carmet était présent, déguisé en curé avec des chaussures jaunes.

Il commence sérieusement à écrire à partir de la retraite. Comme le lui avait conseillé, 30 ans plus tôt, Queneau.
Il est l’auteur de plusieurs romans : « Crève Matin », « L’homme qui faisait des boustrophédons », « Les histoires d’amour de Monsieur Spongexstrate »…
Pataphysicien hors piste, il a aussi contribué à de nombreux livres d’artistes, drôles, mais pas toujours.

 

 

Ce lundi, on rasera gratis au salon  Arc-en-Ciel coiffure.

À la suite de la cérémonie, les participants valides pourront, s’ils en manifestent le désir, se rendre en procession jusqu’au feu Montana, rue des Postes. Puis les hauts dignitaires de l’ASQFA rebrousseront chemin pour le repas d’anniversaire (le trentième de l’Académie) prévu quelque part, place Philippe Lebon. Il leur est recommandé d’apporter leur serviette de table, le linge n’étant pas fourni.

L’intendance de l’ASQFA aura pris soin de faire remplir les bénitiers de l’église San Michele avec des liquides « ad hoc » afin que chacun puisse individuellement s’humecter, en cas de grande chaleur, les parties sensibles. Les confessionnaux seront climatisés.

24 Nov 17

« Ecoutez la chanson… »

par Guy Ciancia

C’était au Verlaine le 7 novembre dernier. Une fois encore le public a été ravi par ma voix mélodieuse. La soirée était organisée par les Mardis d’Ailleurs

De nombreux spectateurs tardifs furent contraints de rester debout. Dans cette atmosphère surchauffée, les consommateurs s’étaient tus pour entendre mes derniers succès. Et la chorale du Verlaine intervint avec enthousiasme et efficacité.

L’accueil de ce spectacle, composé en grande partie de nouvelles chansons, a galvanisé tant Erich (contrebasse) et Eric (guitare) que moi-même.

En fin de soirée, comme toujours, la scène ouverte mobilisa toute notre attention et les bravos crépitèrent. Gérard Rouy immortalisait ces instants. Voici l’une de ses photos.

 

Au Verlaine avec Guy Ciancia, Erich Pralat et Eric Legrand

Au Verlaine avec Guy Ciancia, Erich Pralat et Eric Legrand

3 Nov 17

C’est ailleurs et c’est tout près d’ici

par Guy Ciancia

C’est ailleurs et c’est tout près d’ici. Au Verlaine, le mardi 7 novembre. Je remercie monsieur Hughes D. d’Ostricourt d’avoir si scrupuleusement écouté les bruits de ma rue.

Je n’irai pas par quatre chemins.

154 rue Roger Salengro Lille

154 rue Roger Salengro Lille (cliquer pour agrandir)

 

Tant qu’à courir les rues, mieux vaut d’ « ailleurs », en même temps, battre la campagne. C’est pourquoi je me suis embarqué dans un car décapotable lillois  « City Tour » qui m’a d’abord conduit rue Princesse face à la maison natale du Général de Gaulle puis dans une improbable dérive touristique à travers la métropole : rue du Court Debout, rue du Sec Arembaut, rue de l’ABC, Général fait d’herbes, Grand Stade, buste d’Albert Samain, statue du grand Timonier, monuments du P’tit Quinquin et du Pigeon Voyageur, Bains Lillois et boulevard Julien Torma…
Avant d’entreprendre sur les conseils de mon correspondant d’Ostricourt une odyssée qui me mena en face de la mairie d’Hellemmes.
Périple bien riche. Tout compte fait.

Flash-back. Place de la Nouvelle Aventure. Un dimanche matin. Lumière naturelle.

Un marchand ambulant de bonnetterie, bimbeloterie, mercerie,… harangue une cohorte de chalands virtuels.
« Acate grammint ! », clame-t-il à tue-tête. Ce qui peut se traduire en français « Tout est à vendre, n’hésitez pas ! ». Et les clients de s’abattre sur son étal par vagues successives, comme autant de volées de moineaux.

Le commerçant s’époumone. On se bouscule, on se dispute. « Acate grammint !», hurle-t-il.

Plan large. Place du Marché. Puis contre-plongée sur l’église St Pierre St Paul. Les cloches sonnent. Il est 10 h. Travelling latéral. Tables encore vides à la terrasse du café « Les Tilleuls ».

« Acate grammint ! acate grammint ! »
… Et s’envolent les pages de l’éphéméride.

Le vent, la pluie, la neige – et parfois quelques rayons de soleil entre les nuages -. Les bronchites et les rhumatismes. Le vin chaud-cannelle, le grog-rhum-de-La-Martinique, La Gueuse Bellevue transforment d’année en année la silhouette et la bonne humeur de l’opiniâtre camelot. On se lasse même de son chant rituel moins percutant.
Il quitte son emplacement au moment même où le général de Gaulle est élu président de la République. Il a assuré ses arrières et se replie au bout de la rue Roger Salengro bien loin de la Douane de Fives. À Hellemmes. Il y ouvre une petite boutique.
Sur la façade il fait inscrire son cri de guerre… ce qui lui économisera les cordes vocales.
C’est un succès.

Comme il n’a pas déposé légalement l’intitulé de son enseigne, un concurrent envieux se l’approprie et tient bientôt commerce rue Saint André, dans le Vieux Lille.

76 rue Saint André Lille (cliquer)

Sur l’auvent de son magasin, le mauvais temps n’a pas effacé le slogan « accate gramin ». Certes l’orthographe comme la marchandise (fruits et légumes) ont changé, mais le passant passe et dépense !

« Accate gramin » ch’est toudis « acate grammint ». Avant comme après le général de Gaulle, le P’tit Quinquin, Albert Samain et les pigeons voyageurs.

29 Oct 17

Guy Ciancia exagère-t-il ?

par Guy Ciancia

De Hugues D. (Ostricourt): « Guy Ciancia exagère »

À la veille du concert (c’est un grand mot) des Mardis d’Ailleurs, ce 7 novembre, à 20h30, je m’interroge sur l’état de conscience du type qui a écrit la chanson « Dans ma rue ».  » Dans sa rue, paraît-il, il n’y a rien qu’ deux trottoirs pour les chiens… »  Après ce constat radical, l’auteur développe cette assertion durant quatre couplets. Chacun d’eux comprend quatre quatrains, ce qui fait 16 quatrains et au bout du compte, 64 hexamètres… pour parler de rien. À première écoute, Guy Ciancia aurait tout autant sa place parmi les camelots du marché de Wazemmes que parmi les bavards du palais de Justice.

Il est vrai que sa rue a tout de même deux bouts. Qui plus est, ses deux bouts sont d’inégale importance puisqu’elle est en sens unique. Le second bout permet de rejoindre la caserne Malus et le Verlaine dont les sanglots longs évoquent, pour l’instant le bout de sa vie (boniments !).

Ce baratin bref pour dire que le bout de la rue de Guy Ciancia est bien tout de son cru. On n’en sort pas. Et pourtant, au lieu de s’enfermer dans ces scansions pathologiques, « le poète » ne manque pas d’artères lilloises bien aérées le long desquelles il pourrait entretenir sa santé et dispenser ses états d’âme et mélancolies. Personnellement, j’estime que Guy Ciancia exagère.

Ainsi, entre la mairie d’Hellemmes et la rue Saint-André à Lille, il aurait pu découvrir nombre de sites pittoresques propres à stimuler son inspiration.

Alors que peut-on espérer de la soirée du Verlaine ?

29 Oct 17

Guy Ciancia : « Ailleurs et dans ma rue »

par Guy Ciancia

Une rue. De dos, une dame et son chien

 

Y a des rues dont on cause, chantait Boris Vian, qu’ont pourtant pas grand-chose, des rues sans caractère, juste un peu putassières

Le 7 novembre, je chante au Verlaine, invité par les Mardis d’Ailleurs de Lille. Ça tombe bien, Le Verlaine est un bistrot de mon quartier, pas loin de ma rue que je chante dans mon CD. Cette chanson juxtapose un texte sur la rue que j’habite à Lille, une musique qui essaie d’être exotique et un chorus sur le célèbre Caravan de Duke Ellington.

Peut-être que mes voisins se plaindront parce qu’ils trouveront leur rue peu ressemblante. Mais c’est normal, ils ne portent pas les mêmes lunettes que moi. Et certains prétendent qu’ils n’en ont pas besoin. D’ailleurs, ils n’ont jamais entendu jouer Caravan dans le quartier. Moi non plus. Et sur cet extrait, vous ne l’entendrez pas.

La rue appartient à tout le monde et particulièrement à chacun. On s’y croise, on s’y interpelle, on y échange parfois des idées. C’est le début du monde. Quand j’étais jeune et beau — il n’y a pas si longtemps — la rue était un lieu commun où l’on discutait de la météo, du dernier match de foot et où l’on apprenait et fredonnait les tubes à la mode. Un jour, les maçons ont cessé de chanter et on entendit plus que leurs transistors. Très vite, les transistors se sont tus.

Notre avenir est celui de la chanson et de la rue. Mais aussi du bistrot, des squares et autres lieux publics. Tant qu’il en reste. Les rumeurs des ruelles ont su garder l’identité populaire de leurs chansons, mais aussi les tonalités anonymes des voies — trop — rapides. De Paris à Fives ou Wazemmes, suivant la saison, on y rencontre les mêmes atmosphères nostalgiques ou rigolardes.