Skip to content

Guy Ciancia : « Ailleurs et dans ma rue »

par Guy Ciancia le 29 octobre 2017

Une rue. De dos, une dame et son chien

 

Y a des rues dont on cause, chantait Boris Vian, qu’ont pourtant pas grand-chose, des rues sans caractère, juste un peu putassières

Le 7 novembre, je chante au Verlaine, invité par les Mardis d’Ailleurs de Lille. Ça tombe bien, Le Verlaine est un bistrot de mon quartier, pas loin de ma rue que je chante dans mon CD. Cette chanson juxtapose un texte sur la rue que j’habite à Lille, une musique qui essaie d’être exotique et un chorus sur le célèbre Caravan de Duke Ellington.

Peut-être que mes voisins se plaindront parce qu’ils trouveront leur rue peu ressemblante. Mais c’est normal, ils ne portent pas les mêmes lunettes que moi. Et certains prétendent qu’ils n’en ont pas besoin. D’ailleurs, ils n’ont jamais entendu jouer Caravan dans le quartier. Moi non plus. Et sur cet extrait, vous ne l’entendrez pas.

La rue appartient à tout le monde et particulièrement à chacun. On s’y croise, on s’y interpelle, on y échange parfois des idées. C’est le début du monde. Quand j’étais jeune et beau — il n’y a pas si longtemps — la rue était un lieu commun où l’on discutait de la météo, du dernier match de foot et où l’on apprenait et fredonnait les tubes à la mode. Un jour, les maçons ont cessé de chanter et on entendit plus que leurs transistors. Très vite, les transistors se sont tus.

Notre avenir est celui de la chanson et de la rue. Mais aussi du bistrot, des squares et autres lieux publics. Tant qu’il en reste. Les rumeurs des ruelles ont su garder l’identité populaire de leurs chansons, mais aussi les tonalités anonymes des voies — trop — rapides. De Paris à Fives ou Wazemmes, suivant la saison, on y rencontre les mêmes atmosphères nostalgiques ou rigolardes.

Pas encore de commentaires

Répondre

Note : le XHTML est autorisé. Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

S'abonner à ces commentaires via RSS